Le Pont

La liberté d’opinion est une farce si l’information sur les faits n’est pas garantie. – Hannah Arendt

La chronique cinéma : La guerre et ses grands hommes

Sylvaine de Keyzer

Pendant cet été, nous avons pu voir trois films à grand spectacle, tous ambitieux et épiques, tous traitant de l’époque de la deuxième guerre mondiale :

  • La Bataille de Gaulle I : l’Âge de Fer
  • La Bataille de Gaulle II : J’écris ton nom
  • Pressure

Le parallèle entre les trois œuvres est la crise comme révélateur.

Dans un contexte de guerre, les trois films placent leurs personnages dans une situation de crise qui les force à agir et à choisir.

  • Dans L’Âge de fer, la crise est historique et collective : la défaite de 1940 oblige De Gaulle à prendre position.
  • Dans J’écris ton nom, la crise devient symbolique : elle incarne la lutte pour la liberté et la dignité.
  • Dans Pressure, la crise est existentielle et personnelle : elle confronte des individus à un dilemme sans issue évidente.

La crise révèle donc :

  • Pour De Gaulle : sa conviction qu’il ne peut pas accepter la défaite et doit incarner une certaine idée de la France.
  • Pour les personnages de Pressure, Eisenhower[1], entre autres : leur capacité (ou incapacité) à supporter la tension et à maintenir leur intégrité morale.

Leur responsabilité et leur engagement sont traitées différemment.

La Bataille de Gaulle insiste sur une responsabilité collective : De Gaulle ne pense pas uniquement à lui-même, mais à la destinée de la nation. Son engagement est politique et historique.

Le Général est magistralement incarné par Simon Abkarian, qui incarne un personnage déterminé mais fragile, calculateur, lénifiant et comique parfois, mais son obstination à la Don Quichotte l’emportera vers un élan qui deviendra national.

Pressure explore une responsabilité individuelle : les personnages doivent répondre de leurs choix face à leur conscience, à leur famille ou à leur propre survie. La dimension morale est tout aussi présente, mais elle se joue à l’échelle personnelle.

Brendan Fraser est formidable en Eisenhower.

Fragile et colérique à la fois.

 

Pour résumer, ces films montrent à quel point des enjeux nationaux, historiques, engagent la responsabilité des dirigeants envers la patrie mais aussi envers eux-mêmes et autrui.

Les enjeux concernent le destin d’un pays, tout autant que leur dignité individuelle, et leur survie.

Et la grande Histoire est en même temps héroïque, immédiate et urgente.

En ces temps d’élection de notre futur président, et en cette période si bouleversée, il va falloir être encore plus vigilant…

 

 

[1] De Gaulle et Eisenhower ont été des généraux héroïques durant la seconde guerre mondiale avant de présider aux destinées de leur pays respectif, France et Etats-Unis.

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