Le Pont

La liberté d’opinion est une farce si l’information sur les faits n’est pas garantie. – Hannah Arendt

Présidentielles : pour éviter l’inévitable, misons sur un tiercé gagnant

Olivier-Georges Maurice*

Crédit Photos : Grégor Sauvagère / CC-BY-SA-4.0

Alors que le Macronisme crépusculaire enfonce chaque jour davantage la France dans une crise protéiforme qui risque d’abattre la République, comme l’a tragiquement préfiguré le symbole de cette Marianne brisée gisant face contre terre dans la mairie de Marseille, ou l’hôtel de ville de Limoges réduit en cendres, nul ne peut ignorer que c’est l’élection présidentielle de 2027 qui joue, consciemment ou inconsciemment, un rôle essentiel dans tous les esprits.

En effet, cette élection peut-elle apparaitre aujourd’hui comme une solution permettant de sortir le pays de la situation désastreuse et du climat de guerre civile dans lesquels il se trouve ? Il est permis d’en douter, sauf à envisager une présidentielle anticipée, que malheureusement le principal intéressé ne semble pas prêt à admettre, sauf circonstances exceptionnelles.

La présidentielle ne semble donc pas être pour l’instant un motif d’espérance pour toutes celles et tous ceux qui veulent encore croire qu’il est possible, démocratiquement, de redresser la France. Pourquoi ? Pour la simple raison que tous les instituts de sondages se rejoignent pour considérer que le match est d’ores et déjà plié, et qu’il opposera au second tour Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.

Ce choc annoncé entre les deux partis les plus extrêmes ne peut que renforcer chez les électeurs qui sont totalement opposés au RN d’un côté et à LFI de l’autre le sentiment que ce n’est pas le scrutin présidentiel qui peut leur rendre espoir.

À moins que…

À moins que la droite et le centre, regroupés dans ce que l’on appelle aujourd’hui le « bloc central », comprenne enfin que leur seule chance de l’emporter est de se mettre d’accord sur un candidat commun. Et pas n’importe quel candidat, compte tenu des paramètres suivants :

  • Aucun héritier direct du Macronisme n’aura la moindre chance d’accéder au second tour de la présidentielle tant le bilan qu’ils incarnent sera lourd à porter, en tant que chefs des partis ayant soutenu sans réserve le président de la République depuis près de dix ans : ce qui exclut Gabriel Attal et Édouard Philippe, respectivement leaders de Renaissance et d’Horizons ;
  • Seul un candidat, ou mieux, dans un premier temps, un trio de candidats, incarnant un retour aux sources du Gaullisme, sera capable comme en 1958, aux origines de la Ve République, de rétablir les finances publiques, la réconciliation nationale, la souveraineté et la force de la France : ce trio ne peut provenir que d’une entente entre le candidat des LR, Bruno Retailleau, le président de Nouvelle Energie, David Lisnard, et Michel Barnier.

Voilà le seul tiercé gagnant pour 2027 (ou peut-être avant) : Lisnard, un homme nouveau, qui a toujours gardé ses distances avec le Macronisme, et qui affirme des convictions qui correspondent aux aspirations d’une large majorité de Français ; Retailleau, un homme d’expérience, qui a prouvé toute sa valeur au ministère de l’Intérieur ; Barnier, la caution gaulliste d’un homme d’Etat au parcours national et international éminent.

C’est de ce tiercé gagnant qu’émergera le seul candidat capable « d’éviter l’inévitable » …

 

 *politiste

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