Le Pont

La liberté d’opinion est une farce si l’information sur les faits n’est pas garantie. – Hannah Arendt

Journal des Arts : mai 2026

Joséphine Malet et Laura De Faria Rondel*

Cinéma — The Drama, Kristoffer Borgli, 2026 – 1h45

Un jeune couple, riche et séduisant, à la veille de son mariage, voit sa relation vaciller lors d’un jeu entre amis, où chacun révèle ses actes les plus inavouables.

Sous ses apparats de comédie romantique, légère et pop, le film explore l’attrait et l’esthétisation des armes aux Etats-Unis, et l’impossibilité d’ouvrir un dialogue honnête sur le sujet. Zendaya, l’icône de la Gen Z, avec son naturel et sa spontanéité, rend le sujet encore tabou outre-Atlantique, immédiatement accessible.

La Galerie Palmer

Depuis 2016, la Galerie Palmer est un refuge pour tout grand amateur d’art. André Lobbe, antiquaire de père en fils depuis 1932, vous y accueille pour des achats, des ventes, ou encore des expertises. Aussi implantée à Saint-Tropez et à New-York, la Galerie Palmer émerveille au-delà de Paris, où on peut la retrouver au cœur du 6eme arrondissement, 24 rue des Grands Augustins.

De Pablo Picasso à Eduardo Arroyo, la Galerie accueille des œuvres d’artistes variés et internationaux : de la peinture à la sculpture, en passant même par des meubles, qui sont eux aussi objet d’art.

La Galerie vous accueille pour une nouvelle exposition, du mardi 12 mai au lundi 18 mai 2026 de 16h à 20h ; « Donner corps à la matière ».

David Cohen, Water no get enemy, 2009, diptyque techniques mixtes sur toile de lin,  234 x 130 cm.

Dossier de presse de l’exposition « Les têtes et les mots » de David Cohen à la Galerie Rachel Hardouin (15 rue Martel, Paris, 75010), du 3 mars au 11 avril 2026.

David COHEN est professeur de médecine, chef du service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière à Paris 13e, il orchestre une importante équipe de patients et de soignants ; ensemble, ils mettent en œuvre plus de 650 actions d’art thérapie au sein de son service, chaque année. David Cohen est aussi chercheur à l’Institut des systèmes intelligents et de robotique du CNRS. 

Depuis l’enfance, David Cohen peint. Il entretient un rapport étroit à la création artistique et à la couleur. Plus tard, ses séjours en Italie le confronteront à la matière terre et à la création en volume. Ses sculptures dialoguent avec ses toiles monumentales. L’ensemble est intimement lié et profondément humain. 

Dans le prolongement de l’exposition Vulnérables (24 juin – 21 septembre 2025, Grande Chapelle Saint-Louis) au sein de laquelle David Cohen présentait plusieurs œuvres monumentales et une installation, Rachel Hardouin a souhaité en savoir plus sur cet homme-orchestre, insatiable de culture et de partage.

Elle s’est rendue dans son atelier parisien ; ici, les séries se superposent, s’enchainent, s’enchevêtrent du sol au plafond. David Cohen a toujours créé parallèlement à ses études de médecine, jeune médecin ou chef de service ! 

Un secret bien gardé. Son jardin secret. Dans cet appendice fertile, elle découvre principalement des têtes et des mots, explorant de nombreuses techniques mixtes. Ensemble, David Cohen et Rachel Hardouin identifient une sélection d’œuvres issues de différentes périodes de création, elles ont le point commun de l’écriture manifeste. Des mots ou des cris ? Des couleurs vives ou des instants de vie ? Chaque signifiant est un signifié, l’œuvre est habitée.

David Cohen lâche avec l’énergie de l’ensemble de son corps des pensées manifestes, des fulgurations, des interpellations, des soifs d’humanité, tel un Fela Kuti enivré par la transe d’interminables improvisations sur scène. 

Devant son chevalet ou les mains dans la terre, David Cohen semble porté par l’ivresse, par la fluidité de ce que ses mains créent. Un homme libre, debout.

L’exposition s’ouvre sur un diptyque « Water no get enemy » en hommage à la composition de Fela Kuti inspirée d’un proverbe yoruba : « l’eau n’a pas d’ennemi ». Ce titre à la fois politique, spirituel et intemporel est un hymne à la liberté et à la résistance (chanson composée en 1975). 

Une œuvre en écho à l’actualité internationale, une œuvre matrice de l’ensemble de l’exposition.

Les sujets des peintures exposées, écritures, motifs, têtes, entrent en écho avec les sculptures des têtes en bronze, en céramique ou en travertin iranien. 

Un dialogue silencieux s’installe.

Un dialogue puissant : le temps se déplie au présent, offrant à chaque face de la Janus, une opportunité de convoquer le passé ou l’avenir, dans le réel ou dans l’imaginaire, une invitation subtile à la méditation tactile.

Les têtes sculptées s’essaient à différents matériaux ouvrant nos sens vers de nouvelles expériences sensuelles avec les matières et l’œuvre du sculpteur.

Les nombreux séjours en Italie aiguisent le regard de l’artiste sur le travail en volume des maîtres qu’il croise, et forme son exigence dès les premières créations. C’est dans cet atelier à Pietra Santa dans la région de Lucca que David Cohen expérimente des matières et des touchers très différents, offrant un dialogue puissant entre les techniques de la peinture, du dessin et de la sculpture, et une force décuplée de son message.

Tout est matière à création, la terre, le métal, le cuir, les oliviers centenaires des jardins. 

Une balade pour l’éveil des sens et l’innovation illimitée, entre perte, trace et renaissance.

L’exposition présente une série d’œuvres aux techniques mixtes, dialogue entre Michel Houellebecq et David Cohen. Cette série intitulée « Têtes en quête de monde… fragments Houellebecq » exposée chez Michel Blachère (Galerie XXI à Paris 14e), nous enseigne la poésie dada contemporaine et l’ultra solitude dans un monde de plus en plus déshumanisé. L’œuvre se déplie tel un cadavre exquis, infiniment brute, infiniment fragmentée, profondément désenchantée.  Un monde s’ouvre. Celui du dialogue artistique, celui de l’expérimentation, ce monde-là dépasse les peurs pour mieux apprécier l’invisible fabrique du vivant. L’un met en couleurs les mots de l’autre, la littérature et les maux, c’est l’histoire d’une curieuse rencontre où le geste artistique équilibre la pensée et panse les maux.  

Michel Houellebecq : « La vie ne m’intéresse pas assez pour que je puisse me passer d’écrire ». David Cohen : « Ce n’est pas uniquement l’œil qui regarde, c’est l’être ; on est là ». Dialogue fertile, sensible, émouvant par deux hommes, la poésie de Michel Houellebecq et les productions plastiques de David Cohen ; les mots et les œuvres. 

Un geste vital.

David Cohen, Têtes en quête de monde… fragments Houellebecq, 2024, techniques mixtes sur papier, 65 x 50 cm.

Les œuvres de David Cohen seront disponibles dans l’e-shop de la galerie.

*Responsables de la coordination à Passages-ADAPes

Plus de publications
Plus de publications

Related Articles

Responses