Journal des arts : juillet 2026
Laura De Faria - - Rondel et Sofia*
Théâtre
24 heures de la vie d’une femme, Stefan Zweig
Le théâtre Espace-Marais présente une adaptation théâtrale de ce court récit de Stefan Zweig, avec une mise en scène de Joseph Morana.
Le dernier cèdre du Liban, écrit par Aïda Asgharzadeh et mis en scène par Nikola Carton
Eva, très intelligente mais surtout très en colère, est une jeune pensionnaire du Centre d’Éducation Fermé pour mineurs de Mont de Marsan.
Abandonnée à la naissance, elle ne connait rien de ses parents.
Pourtant, ce jour-là, convoquée chez le notaire, elle reçoit son héritage : des dizaines de micro-cassettes et un dictaphone – la voix de sa mère sur des heures et des heures d’enregistrement.
La guerre du Liban, le discours d’Arafat à l’ONU, la chute du mur de Berlin… Anna Duval était reporter guerre.
Eva plonge alors dans toute une décennie de journalisme pour découvrir sa Grande Histoire à elle.
Paris is magique, Sacha Judaszko & Nicolas Nebot
Au Théâtre Gaité Rive Gauche.
Nicolas, jeune médecin parisien délocalisé à Tokyo depuis de nombreuses années, revient pour la première fois dans la capitale avec Kim, sa fiancée japonaise qui n’a jamais vu Paris autrement que dans les films et les séries.
Kim est une fille très sensible, qui doit éviter toute forme de contrariété. Durant le voyage en avion qui est censé les mener au « Paradis », Nicolas, entend parler du « Syndrome de Paris ». Ce phénomène médical peu connu, plonge les touristes japonais qui idéalisent « la ville de l’amour », dans une profonde dépression, dès qu’ils découvrent la réalité de ce qu’est devenue la capitale.
Pour la protéger, Nicolas va décider de mentir à sa bien-aimée et la conforter dans son idée qu’à Paris, la vie est belle. Il va transformer tout ce qu’il y a de plus horrible à Paris comme les embouteillages, l’insécurité, les Parisiens… la vie chère, l’impolitesse, mais aussi les Parisiens… la misère, la saleté, sans oublier les Parisiens… en choses merveilleuses.
Pendant tout un week-end, il va la conforter dans son idée que Paris is Magique !
Une comédie musicale feel good, romantique et hilarante, un La La Land à la française, qui fera rire… même les Parisiens.
Cinéma
Backrooms, Kane Parsons, 2026
Après que son patient a mystérieusement disparu dans une dimension parallèle, une thérapeute doit s’aventurer derrière une étrange porte apparue dans le sous-sol d’un magasin de meubles pour le sauver.
Kane Parsons, Britannique de tout juste 20 ans, célèbre pour ses vidéos d’horreur « found footage » sur Youtube, porte au cinéma l’esthétique anxiogène de ces « backrooms », couloirs jaunâtres labyrinthiques symboles d’un malaise numérique collectif, nés sur Internet à la fin des années 2010. Produit par A24 – studio derrière Everything Everywhere All at Once, Hérédité ou Midsommar – le film se place entre cinéma de genre et vision d’auteur, avec en tête d’affiche Renate Reinsve, révélée par Julie (en 12 chapitres) puis vue dans Valeur sentimentale.
L’illusion de Yakushima, Naomi Kawase, 2025
Corry est française et vit au Japon. Elle partage sa vie avec Jin et s’occupe d’enfants en attente de greffe cardiaque à l’hôpital de Kobé. Alors que la culture japonaise a du mal à accepter le don d’organe, Corry lutte au quotidien pour faire évoluer les mentalités et trouver plus de donneurs. Quand Jin disparaît un jour sans laisser de trace, elle tente de le retrouver, mais doit aussi mener une course contre la montre pour que la greffe de son jeune patient aboutisse…
Présenté au Festival international du film de Locarno, le long-métrage est empreint de sensorialité et de spiritualité, comme le reste de la filmographie de Naomi Kawase.
Figure majeure du cinéma d’auteur japonais contemporain, révélée à Cannes avec Suzaku (1997), puis récompensée du Grand Prix pour La Forêt de Mogari (2007), elle inscrit ici son film dans les paysages de Yakushima, île japonaise classée au patrimoine mondial de l’UNESCO et célèbre pour ses forêts millénaires enveloppées de brume.
Shana, Lila Pinell, 2026
Présenté à la Quinzaine des cinéastes à Cannes, le long-métrage fait écho à cette nouvelle génération de films français qui mêlent fiction et approche quasi-documentaire pour saisir les contradictions de la jeunesse contemporaine. Dans la lignée de son court Le Roi David, la réalisatrice retrouve Eva Huault – remarquée dans la série Laura Stern – et construit autour d’elle un casting composé en partie de jeunes non-professionnels issus du Labec, cours de théâtre du XXe arrondissement parisien. Entre traditions familiales, désir d’émancipation et mécanismes d’emprise amoureuse ordinaires, le film capte une génération qui cherche sa place.
Shana traverse les galères du quotidien avec une énergie débordante et le soutien de sa bande de copines. Lorsque sa grand-mère décède, elle hérite d’une bague censée protéger du mauvais œil. Shana a bien besoin de ce coup de pouce. D’autant qu’avec la sortie de prison de son compagnon toxique, les mésaventures s’accumulent.
Concerts
Esports World Cup 2026, avec DJ Snake, Aya Nakamura et Theodora – 8 juillet 2026
La Seine Musicale, Boulogne Billancourt, France
Scorpions – Rock, métal, électro – 17 juillet 2026
Accor Arena, Paris, France
Ouverture des portes à 20h
Maîtrise Notre-Dame de Paris – Classique – 7, 14 et 21 juillet 2026
Cathédrale Notre-Dame de Paris, Paris, France
Ouverture des portes à 20h30
Expositions
Arts
Lee Miller, Photographie – 10 avril au 2 août 2026
Musée d’Art moderne de Paris, 16eme arrondissement
Figure essentielle de l’avant-garde internationale, Lee Miller (1907-1977) fut tour à tour mannequin, artiste surréaliste, portraitiste, photographe de mode et correspondante de guerre accréditée par l’armée américaine. Elle est aujourd’hui reconnue comme l’une des grandes photographes du XXe siècle. L’exposition réunit près de 250 tirages anciens et modernes, dont plusieurs inédits, et propose un nouveau regard sur son œuvre.
Cette grande rétrospective est organisée à l’initiative de la Tate Britain et en collaboration avec l’Art Institute of Chicago. L’exposition retrace l’ensemble du parcours de la photographe Lee Miller, de ses débuts à New York aux années de guerre en Europe, en passant par son séjour en Égypte et sa vie à Londres. Elle met à jour la richesse d’une œuvre où cohabitent expérimentations formelles, audace visuelle et engagement politique.
Leandro Erlich, Art contemporain – 2 juin au 6 septembre 2026
Grand Palais, Paris 8eme arrondissement
Habitué des installations spectaculaires dans l’espace public, Leandro Erlich explore les mécanismes de la perception. À la croisée de l’installation, de la sculpture et de l’architecture, ses œuvres immersives prennent la forme de dispositifs que le visiteur active par sa présence. L’exposition au Grand Palais se déploie comme un parcours progressif composé de 14 installations monumentales et iconiques : bateaux en lévitation, nuages en apesanteur, architectures modernistes transformées en labyrinthes infinis, ou encore un immeuble haussmannien basculé à l’horizontale que l’on peut escalader.
La France présente pour la première fois à Paris une rétrospective complète – enrichie de nouvelles productions – consacrée à Leandro Erlich. Né à Buenos Aires en 1973, l’artiste est célèbre pour ses installations immersives qui transforment le spectateur en acteur actif de l’œuvre. Son travail explore les fondements perceptifs de la réalité : l’architecture du quotidien devient un terrain d’expérimentation poétique et conceptuelle.
Histoire et civilisations
Byblos, cité millénaire du Liban – 24 mars au 23 août 2026
Institut du Monde arabe, Paris 5eme arrondissement
Jusqu’au 23 août 2026, l’Institut du Monde arabe présente son exposition « Byblos, cité millénaire du Liban » où sont exposés et analysés des vestiges de cette cité, avec une mise en perspective sur sa place dans la haute Antiquité, ses relations avec ses puissants voisins, comme l’Egypte pharaonique, ou sa colonisation par les Phéniciens. Escale importante du commerce maritime du Proche-Orient antique, elle est associée par les historiens au développement et à la diffusion de l’alphabet phénicien, l’origine de notre contemporain.
A cette occasion, ARTE diffuse le documentaire de Philippe Aractingi Liban, les secrets du royaume de Byblos jusqu’en octobre.
Patrimoines en résistance – 20 mai 2026 au 11 janvier 2027
Cité de l’architecture et du patrimoine, Paris 16eme arrondissement
De Tombouctou à Odessa, de Bâmiyân à Gaza, les conflits armés font du patrimoine une cible privilégiée. Face à ces destructions, l’exposition interroge les gestes d’effacement, mais aussi les formes de résistance et de réparation qui permettent de penser l’avenir à partir des ruines. À travers un ensemble de cartes, textes, maquettes, photographies, vidéos, œuvres contemporaines et répliques numériques réalisées par Iconem, l’exposition tisse un récit documenté, visuel et sensible, croisant les regards d’architectes, d’artistes, de chercheurs, d’acteurs de terrain et de témoins.
En 2012, la destruction des mausolées de Tombouctou, inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO, marque un tournant historique : pour la première fois, l’anéantissement volontaire de monuments culturels est qualifié de crime de guerre par la Cour pénale internationale. Si la guerre a toujours entraîné des destructions, le début du XXIᵉ siècle révèle une intensification et une systématisation des atteintes portées au patrimoine culturel et naturel. L’exposition met en lumière cette réalité contemporaine et pose une question essentielle : comment la guerre révèle-t-elle ce qui est irrémédiablement perdu, tout en faisant émerger les gestes de résistance qui rendent possible une réparation future ?
Rouge ! Archéologie d’une couleur – 14 mars au 15 novembre 2026
Musée Archéa, Louvres
Le musée Archéa propose une exposition sur la couleur rouge en archéologie. Elle s’appuie sur ses collections, tout en élargissant son propos à la zone géographique francilienne, voire au centre-nord de la France grâce à des emprunts à des institutions et musées partenaires. L’exposition permet de faire le point sur l’état de la recherche sur des objets ou des matériaux composés tout ou partie de rouge : céramique, verre, textile teint, etc.
L’exposition est une invitation à regarder la couleur rouge, dont l’histoire est ancienne, dans sa diversité, sa richesse et son immensité. Elle aborde ce que l’archéologie nous apprend sur la provenance, l’extraction, la commercialisation, la transformation de ces matériaux rouges. Elle est également l’occasion d’évoquer les objets, les techniques, les usages et les modes qui en ont découlé. Une partie du parcours est spécialement adaptée pour les enfants, ainsi que plusieurs jeux à manipuler.
L’art dans la cité, les murs vivants – 2 avril au 31 juillet 2026
Musée de l’Histoire Vivante, Montreuil
Le musée de l’Histoire vivante propose une exposition explorant la place de l’art et de l’architecture dans les quartiers Croix de Chavaux et La Noue à Montreuil depuis les années 1970. Les « murs vivants », œuvres en béton nées de la collaboration entre architectes et artistes plasticiens, seront au cœur de cette exposition mêlant photographies, plans et esquisses.
Sciences
Création, entre arts et mathématiques – 9 avril au 25 juillet 2026
La Maison Poincaré, de l’Institut Henri Poincaré avec le soutien de l’UFR de mathématiques de Sorbonne Université, présente une nouvelle exposition collective, qui explore le processus créatif des points de vue artistique et mathématique pour mettre en exergue les relations entre les deux disciplines qui, si beaucoup les diraient éloignées, sont bien plus proches que ce que l’on peut penser.
*Responsable de la coordination au sein de Passages-ADAPes, stagiaire au sein de l’association.
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Laura De Faria - - Rondelhttps://lepontdesidees.fr/author/laure-de-faria-rondel/

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